Mettre fin à la stigmatisation des personnes aux prises avec des troubles addictifs #QuitStigmaNow

A l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, le 26 juin, Dianova lance une campagne pour sensibiliser l’opinion aux conséquences physiques et psychologiques du rejet social chez les personnes aux prises avec des troubles de l’utilisation de substances ou des addictions comportementales.

Les addictions ne sont pas un choix personnel mais un problème de santé publique qui doit être abordé comme tel. Malgré tout, un grand nombre de personnes ayant des troubles addictifs sont victimes de rejet et de stigmatisation. L’impact de la stigmatisation est immense:

  • La stigmatisation peut affecter le travail, la capacité à trouver un logement, les relations sociales, ainsi que la santé physique et mentale.
  • La stigmatisation est un obstacle à l’accès au traitement ainsi qu’à l’accès aux soins en général.
  • La stigmatisation est susceptible d’augmenter les comportements à risques.
  • La stigmatisation aggrave les problèmes sanitaires et sociaux souvent associés à la condition des personnes aux prises avec l’addiction à l’alcool ou aux autres drogues.

Des milliers de gens sont considérés comme des criminels, purgent de longues peines de prison et, dans certains pays, sont même condamnés à mort pour avoir fait usage de drogues illicites. En outre, d’autres pays imposent que l’usage simple soit inscrit au casier judiciaire, empêchant ainsi d’avoir accès à certains emplois.

Le réseau Dianova soutient la mise en œuvre de politiques de drogues basées sur la santé publique et le respect des droits humains. Dianova demande à ce qu’il soit mis fin aux politiques répressives qui ne font que marginaliser et stigmatiser les usagers et réduire l’accès aux services dont ils ont besoin.

La campagne et les objectifs de développement durable

La campagne fait partie intégrante du Programme 2030 pour le développement durable, un engagement mondial de 17 objectifs adoptés par les 193 membres de l’ONU, qui aborde les trois dimensions du développement durable: économique, sociale et environnementale.

  • L’Objectif 3, Santé et bien-être, inclut explicitement le renforcement de la prévention et du traitement de l’abus de substances psychoactives, notamment l’abus de stupéfiants et la consommation nocive d’alcool (cible 3.5). Actuellement, les personnes ont davantage de difficultés à accéder aux services de soins ou de réduction des risques et des dommages et à se réintégrer dans la société, compte tenu de la stigmatisation et des préjugés liés à l’usage de drogues.
  • L’objectif 5, Egalité des sexes, souligne la nécessité de mettre en œuvre des politiques qui tiennent compte des différences existant entre les hommes et les femmes concernés par l’abus de substances.
  • L’Objectif 10, Inégalités réduites, souligne que les addictions sont un problème de santé publique qui doit être reconnu comme tel. La stigmatisation envers les personnes qui consomment des drogues peut représenter un obstacle majeur à l’accès aux services de santé.
  • L’Objectif 16, Paix et Justice, vise à renforcer l’État de droit et l’accès à la justice pour tous, ce qui implique de lutter contre toute forme de discrimination vis-à-vis des usagers de substances.

Les populations concernées

  1. Les femmes qui font ou qui ont fait usage de substances addictives. Ces femmes font l’objet d’une double stigmatisation : en tant que femmes et en tant qu’usagères ou ex-usagères de substances, une situation qui peut encore s’aggraver lorsqu’elles ont des enfants.
  2. Les personnes en rétablissement. La stigmatisation des personnes ayant un trouble de l’abus de substances peut perdurer pendant de nombreuses années après leur rétablissement.
  3. Les personnes ayant un trouble de l’abus de substances. La société les considère comme des personnes moralement faibles et responsables de ce qui leur arrive. La dimension globale de la problématique et l’existence de facteurs biopsychosociaux sont encore largement ignorés.

Stratégie

La campagne a pour but de réduire la stigmatisation des personnes ayant des troubles de l’utilisation de substances ou des addictions comportementales et de favoriser la mise en œuvre d’approches de prévention et de traitement des addictions respectueuses de leurs droits.

Par le biais d’images et de messages, les publics cibles sont invités à suivre différentes recommandations visant à lutter contre la stigmatisation, avant de partager ces messages et ces contenus avec d’autres personnes via leurs propres canaux de diffusion.

Publics cibles

  • Les professionnels de santé – ils peuvent entretenir des croyances négatives à propos des patients ayant des troubles de l’addiction. Ces patients sont jugés imprévisibles, incapables de suivre les recommandations, voire violents. Le fait d’être ainsi catalogué est un obstacle au traitement.
  • Les décideurs – l’image négative des personnes ayant des troubles addictifs dans la société entraîne un désinvestissement de l’action politique en la matière. De plus, les actions sont souvent biaisées par les positions idéologiques.
  • Les entreprises – plutôt que considérer l’addiction comme un problème à résoudre pour favoriser le mieux-être des employés et donc de l’entreprise, beaucoup d’employeurs choisissent de faire « la chasse aux drogués », ce qui ajoute encore à l’intolérance et à la discrimination.
  • Les médias – ils utilisent parfois un language qui stigmatise, que ce soit pour décrire les personnes concernées ou pour établir un rapport entre consommation de drogues et violence, ce qui favorise la discrimination et les préjugés.

Comment participer à la campagne?

Vous pouvez vous joindre à la campagne contre la stigmatisation des personnes ayant un trouble addictif, par exemple:

Pour aller plus loin: documents à télécharger

Pour en savoir plus sur la stigmatisation des addictions : aperçu général de la situation et bonnes pratiques (documents .pdf)

Ressources

Télécharger les images pour:

Partager et soutenir la campagne

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#QuitStigmaNow, pour en finir avec la stigmatisation que subissent les usagers d’alcool ou d’autres drogues et les personnes aux prises avec des troubles addictifs