Rapports annuels

Nos rapports annuels font état : de nos objectifs et de nos réalisations tant au plan des programmes que des initiatives de plaidoyer ; de nos structures et procédures de gouvernance, incluant la liste des principaux administrateurs ; de nos sources principales de financement émanant de sociétés privées, de fondations, de gouvernements ou de personnes ; et de notre performance financière en conformité avec les lois et les pratiques en vigueur et vérifiée par un professionnel indépendant dont le rapport d’audit est inclus dans le rapport annuel.

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  • Rapport d’audit: FR, ES, EN

Le mot du président, par Luca Franceschi

luca-franceschiChers lecteurs, chers amis,

Pour débuter le traditionnel « mot du président », je voudrais citer l’un des paragraphes de la Charte de responsabilités du réseau Dianova :

« Les organisations peuvent compléter mais non pas se substituer au rôle et à la responsabilité première des gouvernements de promouvoir le développement humain équitable et le bien être des personnes, ainsi que de défendre les droits humains et de protéger les écosystèmes. »

La crise, qui perdure dans la majeure partie des pays où nous intervenons, met en évidence un certain nombre de considérations essentielles concernant non seulement l’avenir de notre organisation mais aussi celui du tiers secteur dans son ensemble, c’est-à-dire la grande famille à laquelle nous appartenons.

Au cours de ces années, les politiques publiques ont été marquées par diverses coupures budgétaires et autres mesures qui ont affecté la société, les différents systèmes de protection sociale et jusqu’à l’ensemble du tiers secteur.

Nous sommes doublement inquiets. D’une part de constater que dans nos pays la capacité des systèmes de protection sociale – issus des grandes conquêtes civiles du siècle dernier visant à répondre aux besoins des plus défavorisés – est en train de se réduire comme peau de chagrin. Et d’autre part de voir que les politiques publiques peuvent être tentées de considérer le tiers secteur comme l’un des acteurs d’un éventuel système de protection sociale à bas coûts, ou, pire encore, de voir se rétablir d’antiques systèmes de mécénats privés qui, avec le temps, pourraient se substituer en tout ou en partie à l’engagement politique et de civilisation de maintenir un système public de protection sociale efficient, fondé sur les droits de citoyenneté.

Face à cet état de fait, notre organisation doit adopter les mêmes recettes tout en devant faire face à un développement problématique dans un contexte de concurrence avec les acteurs du secteur ou de l’entreprise privée, dont les valeurs et la culture demeurent éloignées des nôtres, plus favorables à l’esprit de coopération.

Nous pensons que le tiers-secteur devra faire preuve de  prudence vis-à-vis de ces politiques, qui dans le court terme peuvent donner à croire qu’elles garantissent la survie du système, alors qu’en réalité elles ne font que s’éloigner de ses fondements légitimes – avec une société civile organisée et complémentaire, mais qui ne peut remplacer un système public dont le rôle premier est de garantir les règles du jeu, la gestion des ressources et la poursuite du bien commun.

Les enjeux démographiques, comme le vieillissement des populations et les migrations, ainsi que le chômage et le progrès des technologies et de la robotique (qui de façon générale tendent à détruire davantage d’emplois qu’ils n’en créent) nous obligent à repenser les règles de l’état-providence, notamment en termes d’emploi et de protection sociale, non pas pour les démanteler ou les réduire à leur plus simple expression, mais pour les étendre et les renforcer.

Le tiers secteur et les autres parties prenantes du champ social joueront un rôle prépondérant dans ce défi historique à deux conditions : ne pas se limiter à un rôle de prestataire de services et s’affranchir des paradigmes du siècle dernier, époque où ils furent les héritiers – dans le bon sens du terme – du projet social issu des mouvements de mai 68 et du Concile Vatican II, qui jadis révolutionna les politiques et les actions sociales d’inspiration chrétienne partout dans le monde.

Grâce à ses qualités d’adaptation et de résilience, à sa relation de proximité avec son environnement, et surtout à sa capacité de proposition, le tiers secteur peut jouer un rôle majeur dans la construction d’une société plus juste au 21ème siècle.

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Le mot du président, par Luca Franceschi

C’est un discours dans l’air du temps, mais néanmoins vrai: toutes les organisations doivent innover pour des raisons d’efficacité économique, sociale, voire écologique. Dans un environnement soumis à une évolution effrénée, les entreprises, les institutions et les ONG doivent constamment améliorer leurs performances afin de faire face à ces changements. L’innovation est devenue nécessité.

Au sein du réseau Dianova, nos organisations ont d’abord dû s’adapter rapidement aux conséquences de la crise, notamment face à la baisse des fonds publics. Mais elles ont dans le même temps dû relever un nouveau défi: celui de répondre du mieux possible aux problématiques nouvelles engendrées justement par la crise. En deux mots, elles ont dû  faire plus avec moins.

Pour transcender ce paradoxe, les organisations Dianova ont répondu par l’innovation services, en se diversifiant et en offrant des projets adaptés aux besoins de populations de plus en plus vulnérables et marginalisées. Elles ont également réussi à engager des partenariats intra-réseau ou externes qui leur ont permis de développer des activités qu’elles n’auraient pu faire seules, et en tirant parti de nouvelles opportunités.

Nos organisation ont aussi misé sur l’innovation organisationnelle, avec la mise en place de pratiques de gestion des personnes plus efficientes et orientées vers: le mieux-être et l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle, l’égalité d’opportunités, l’organisation idoine des lieux et des méthodes de travail, la mise en place de systèmes de gestion de la qualité, ainsi que la formation des collaborateurs.

Le dernier séminaire “Gestion et Développement”, consacré justement à l’innovation, nous a appris une vérité. La créativité n’est pas un don en soi. Chacun peut être créatif s’il sait écouter et associer, s’il est spontané et sans idées préconçues. Mais pour voir la créativité véritablement fleurir, il faut mettre en œuvre des techniques managériales et des conditions de travail favorisant l’esprit d’initiative et l’émergence de projets innovants. Il nous faut aller plus loin dans la mise en œuvre de ces techniques.

Comme le souligne le sociologue Zygmunt Bauman, nous vivons dans une société de plus en plus “liquide”, de plus en plus flexible, où les gens comme les organisations sont sans cesse ballottés par les vents du changement, forcés de s’adapter sans cesse à des réalités constamment redéfinies. Pour répondre du mieux possible à un défi qui dépasse chacun d’entre nous, il n’existe qu’une seule attitude possible: se projeter, anticiper.

La cohésion du réseau Dianova lui a permis de traverser des épreuves difficiles, pourtant nous ne pourrons pas construire  l’avenir en ne comptant que sur nous-mêmes. Ce qui demain  fera la force du réseau Dianova se profile déjà aujourd’hui. C’est  l’ouverture, le réseautage, le partenariat. Nous construirons cet avenir en exploitant toutes les sources d’inspiration, en tirant parti des connaissances et des atouts de nos partenaires, en élaborant de nouveaux projets, en développant notre réseau pour peser davantage dans les forums internationaux, en explorant de nouvelles alternatives de financement, car être sans but lucratif ne veut pas dire devoir perdre de l’argent…

L’avenir est déjà présent, tous ensemble il faut relever le défi.

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2013, année internationale, par Luca Franceschi

Pour mener à bien sa mission, une ONG comme la nôtre doit non seulement faire face  à des questions complexes, mais elle doit aussi s’intéresser aux décisions et aux politiques susceptibles de les influencer. C’est la raison pour laquelle nous devons développer des stratégies visant à intervenir auprès des décideurs, au plan national, régional ou international.

Pour ce faire, Dianova possède deux atouts essentiels. Le fait de bénéficier d’un réseau transnational bien implanté qui lui permet d’être présente et active au sein des grands forums internationaux.  Et le fait que tous les membres du réseau sont unis autour d’une vision, d’une philosophie et de positions communes que nos représentants entendent promouvoir le plus largement possible.

Dans cette optique, après avoir reçu le statut consultatif spécial auprès du Conseil Économique et Social des Nations Unies en 2007, Dianova International a commencé à s’intéresser aux possibilités offertes par les organisations internationales et par le réseautage avec d’autres ONG. Les premières années ont été consacrées à mieux comprendre le fonctionnement des institutions internationales, en particulier des Nations Unies, avant de pouvoir définir quels allaient être les objectifs de cette nouvelle activité de relations internationales.

Aujourd’hui, nous recueillons les fruits de cet engagement comme en attestent les responsabilités qui sont désormais les nôtres au sein du Comité de Vienne des ONG, notre participation active à la Commission de la condition de la femme à New York, ou encore notre statut de relations consultatives et notre participation à plusieurs des enquêtes conduites par l’UNESCO.

Rencontres internationales, conférences, séminaires, forums, la liste des événements auxquels nous avons participé en 2013 est longue. Elle indique notre volonté d’agir et de positionner Dianova comme un acteur important dans nos domaines d’intervention. Elle souligne aussi notre attachement à défendre des positions qui nous tiennent à cœur.

“Le développement du troisième secteur peut non seulement générer des emplois, mais aussi faire évoluer l’action collective et les politiques publiques, au profit d’un lien social plus fort, au profit d’un développement humain soutenable, et surtout plus juste.”

Parmi ces dernières, l’importance de la participation de la société civile aux processus de décision, mais aussi la reconnaissance du rôle joué par le troisième secteur. Selon nous, le développement d’une « troisième voie », entre secteurs public et économie de marché, pourrait permettre de répondre à des nouveaux besoins collectifs tout en améliorant la situation du marché du travail dans nos pays. Nos sociétés ont changé. Elles se sont transformées. Ces changements ont engendré des attentes, de nouveaux besoins – notamment en termes d’amélioration de la qualité de vie des citoyens – que les secteurs publics et de l’économie de marché ne peuvent pas ou ne veulent pas prendre en charge.

L’économie solidaire, le troisième secteur, est déjà une composante essentielle de l’économie. Il a aidé et aide encore à affronter la crise. Son développement peut non seulement générer des emplois afin de répondre à ces besoins, mais aussi faire évoluer l’action collective et les politiques publiques, au profit d’un lien social plus fort, au profit d’un développement humain soutenable, et surtout plus juste.

C’est cela que nous voulons défendre.

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Promouvoir le développement humain par le tiers secteur, par Luca Franceschi

 

« Le développement humain, en tant qu’approche, repose sur ce que je tiens pour être l’idée fondamentale du développement, à savoir, faire progresser la richesse de la vie humaine, plutôt que la richesse de l’économie dans laquelle les êtres humains vivent, ce qui n’en représente qu’une partie ».

Pr. Amartya Sen – prix Nobel d’économie 1998

Réduire le chômage, relancer l’économie, retrouver la croissance, on entend toujours ce leitmotiv sur les lèvres des dirigeants de l’Europe méditerranéenne, tandis que dans le même temps ils lorgnent avec envie la courbe de croissance des pays émergents. On pourrait pourtant parier que même si l’on parvenait à grappiller quelques dixièmes de points de croissance, celle-ci ne serait qu’éphémère.

Depuis le premier choc pétrolier et la fin des trente glorieuses, on nous annonce des lendemains qui déchantent, on nous prédit un avenir de chômage, pour nous ou pour nos enfants. De fait, nous nous trouvons depuis bien longtemps dans un état de morosité cyclique, avec ses hauts, ses bas, ses bulles boursières, immobilières ou numériques qui tour à tour éclatent. Pur produit du libéralisme à tout crin, ce cycle de dépression n’en finit plus de miner la société telle que nous la connaissons.

Les ONG et le tiers-secteur en général naissent souvent dans le but de voir disparaître le problème même qui les fait naître – drogues, sida, pauvreté, exclusion sociale, etc. Ce principe caractérise un comportement de développement et de croissance propre aux organisations et implique pour ces dernières de devoir continuellement s’adapter, vis-à-vis de leur raison d’être et de leur sentiment d’être utiles.

C’est pourquoi nous croyons que la nature même de nos organisations s’inscrit dans un développement compris comme l’ensemble des processus de maturation et d’apprentissage au moyen desquels une organisation suit son cycle de vie. Si l’on veut être cohérent jusqu’au bout, on peut même affirmer qu’une ONG se doit d’être consciente (et l’accepter sereinement) que le fait d’atteindre le but qui est le sien sera la cause même de sa disparition. C’est pourquoi, il ne faut jamais avoir peur de changer.

Après une première époque faite de spontanéité et d’esprit pionnier, nombre de ces organisations ont connu d’importants processus de professionnalisation et d’institutionnalisation qui, peu à peu, leur ont permis de passer de la culture de l’héroïsme à celle de la responsabilité sociale et de se positionner en tant qu’interlocuteurs fiables et crédibles.

Dans ce contexte, Dianova encourage le développement de projets communs et d’alliances avec d’autres organisations du tiers-secteur, dans une perspective d’innovation, d’ouverture et de collaboration. En définitive, nous faisons le pari de la diversité et de la complémentarité plutôt que celui de la concurrence.

Grâce à ces projets et à ses alliances, dont nous présentons les premiers pas dans le présent rapport, nous espérons apporter notre pierre à l’édification d’un tiers secteur solide, susceptible de faire émerger une économie basée entre autres sur des initiatives locales valorisant le talent individuel. Le tiers secteur de demain peut devenir un acteur économique majeur, capable d’intégrer l’économie dans la sphère sociale et politique, en misant sur les forces, les talents, l’autonomie des hommes et des femmes qui composent notre société – pour un développement humain, soutenable et équilibré.

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Un autre regard sur l’avenir, par Luca Franceschi

“On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré
Albert Einstein

L’année 2011 se termine comme elle a commencé, dans la tourmente d’une crise mondiale d’ampleur inégalée. Pourtant, la crise économique a au moins révélé au grand jour une vérité essentielle: sans garde-fous institutionnels et réglementaires, sans mesures appropriées de l’État pour soutenir les laissés pour compte d’un libéralisme sans entrave, aucun pays ne pourra aspirer au bien être stable et durable de sa population. Facteur d’équilibre et d’apaisement, le rôle de l’État apparaît donc fondamental, et en particulier l’articulation de ce dernier avec le tiers secteur.

Composé d’une myriade d’ONG, de coopératives et de mutuelles, le tiers secteur oeuvre en faveur de tout autant d’objectifs, mais selon une base commune, celle des principes de la justice sociale, de l’autonomie des communautés et de la solidarité. Cette base commune peut constituer les nouveaux principes fondateurs de nos sociétés, au même titre que d’autres principes, qui ont désormais montré leurs limites: la concurrence, la compétition ou le libre marché… Il est encore trop tôt pour dire dans quelle voie s’orienteront nos sociétés, mais nous devons continuer de travailler et de nous faire entendre.

Notre ONG, Dianova International, termine aussi l’année comme elle l’a commencé: les difficultés persistent, nos membres sont souvent à la peine, mais le travail est fait  et nous répondons toujours présents à ceux qui font appel à notre savoir-faire. Les membres du réseau Dianova ont ainsi engagé des programmes ou des initiatives qui ont bénéficié à des milliers de personnes, avec des services de prévention et de traitement des addictions et des comportements à risques, des services éducatifs, de formation et de développement personnel ou communautaire. Des milliers de gens, parmi les plus vulnérables, qui sont souvent les premières victimes de cette crise mondiale.

Nous nous sommes également attachés à moderniser et à développer nos pratiques de gouvernance comme notre positionnement externe. Nous avons accéléré la mise en œuvre des principes d’action et de conduite définis dans Le Manifeste, et la Charte des responsabilités du réseau Dianova.

Enfin, le tiers secteur étant caractérisé par l’implication des femmes, Dianova n’a pas fait exception et la perspective de genre est intégrée dans toutes les équipes du réseau. L’une des priorités pour 2012 et pour les années qui suivront sera de continuer la mise en place de stratégies favorisant l’instauration d’une parité hommes/femmes dans les équipes de direction et les organes de gouvernance.

L’époque où nous vivons nous montre cette voie; les femmes portent en elles une vision différente, un extraordinaire bagage de compétences et de valeurs qui sont une espérance pour l’avenir.

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Le mot du président, par Luca Franceschi

A la fin 2009, l’ensemble des organisations membres du réseau Dianova, réunies en assemblée générale, s’interrogeaient sur l’action présente du réseau, son avenir et sa pérennité. Premier constat,  le réseau Dianova était en voie de réussir le pari de la diversification de ses services afin de proposer, au-delà des problèmes d’addictions, des réponses nouvelles aux besoins croissants d’un éventail beaucoup plus large de personnes en difficulté: les personnes sans abri, les jeunes de la rue, les femmes dépendantes avec enfants à charge, les mineurs étrangers isolés, etc.

Deuxième constat, cette diversification devait aller de pair avec un élargissement de la vocation du réseau. L’objectif était de donner non seulement aux personnes les moyens de changer, mais aussi à la société dans son ensemble. Notre souhait était de devenir non plus seulement un acteur de terrain, mais aussi un promoteur de changement social au sens large. L’un des acteurs d’une évolution de nos sociétés vers un développement humain soutenable, un objectif qui ne pouvait être atteint que grâce à un maillage étroit de partenaires issus de tous les secteurs de la société: l’entreprise, les services publics et le tiers-secteur.

Un an plus tard, nous récoltons les premiers bénéfices de ces engagements, même si tout reste encore à construire. D’une part, le réseau Dianova a posé en 2010 les jalons de son nouveau rôle d’acteur du changement, par l’élaboration d’un document commun à l’ensemble de nos organisations. « Le Manifeste du réseau Dianova » est la première étape dans l’édification d’un édifice qui permettra, nous l’espérons, d’apporter des réponses non plus seulement individuelles et ancrées dans l’action sur le terrain, mais aussi des réponses collectives et sociétales, permettant de contribuer au bien commun.

Nous avons par ailleurs précisé nos orientations en lançant un projet éducatif fondé sur un modèle d’éducation humaniste, basé sur l’expérience; un modèle qui pourrait accompagner cette évolution sociétale que nous appelons de nos vœux.

Ce modèle éducatif a fait l’objet cette année d’un important travail de réflexion et d’analyse par un groupe de travail dont le cahier des charges est l’élaboration d’un projet complémentaire des méthodes éducatives traditionnelles, mais davantage axé sur le développement des habiletés personnelles des enfants et des adolescents, et sur l’enseignement des valeurs essentielles du vivre-ensemble: le respect de soi, de l’autre et de son environnement naturel; l’enseignement de la compréhension et de la démocratie.

Pour terminer, nous voudrions souligner combien l’époque se prête à ces objectifs. Le dernier « Baromètre de confiance » établi par une célèbre firme américaine démontre que les leaders d’opinion font plus en plus leur confiance aux ONG, et ce quel que soit le pays, pour influencer et faire évoluer le monde dans lequel nous vivons. Deuxième enseignement de la firme, le modèle de l’entreprise toute puissante qui redistribue ses profits à ses seuls actionnaires a démontré toutes ses limites: l’heure est venue pour les entreprises de se tourner vers un engagement social actif, en collaboration étroite avec les services publics, les ONG et le tiers secteur en général. Là est certainement la clé de notre avenir.

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Le rôle de Dianova est de promouvoir le changement social, par Luca Franceschi

“Nous voulons construire une société responable, inclusive et unie, capable d’intégrer une réalité à la fois complexe et plurielle”

Le monde fait face depuis deux ans à la plus grande crise économique et financière depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Cette crise, que l’on dit d’origine financière, a touché presque tous les secteurs de l’économie réelle: entreprises, administrations publiques et autres, avec pour résultats directs la mise en chômage de millions de personnes et le bouleversement des mouvements migratoires – sans parler des conséquences qu’il est à l’heure actuelle encore difficile d’évaluer.

Selon nous, cette crise met en évidence une série d’échecs que de façon plus ou moins consciente nous avons tous remarqués, et qui portent tous la marque d’un commun dénominateur: la disproportion.  Disproportion d’abord, entre besoins réels et surproduction de biens; disproportion aussi, entre développement et viabilité; disproportion enfin, entre qualité et sens de la vie, soit les possibilités réelles de réaliser nos vies.

Nous vivons un moment historique, celui de la transition entre l’âge de l’excès du XXème siècle et celui de la modération – le XXIème siècle; une ère dans laquelle nous devrons apprendre à vivre dans d’autres conditions, à l’heure où le mythe de la croissance infinie a déjà montré ses limites.

Le prochain défi qu’il nous faudra relever sera de garantir des systèmes de santé et de protection sociale à la fois équitables, solidaires et pérennes, dans un contexte économique différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.

Si nous, organisations de la société civile, parties prenantes du troisième secteur, trouvons la force de construire notre propre paradigme de développement, si nous parvenons au juste équilibre entre efficacité et efficience, entre professionnalisation et l’indispensable spontanéité que nous pourrions, dans un contexte différent, nommer flexibilité ou adaptabilité, nous pourrons alors surmonter la crise au court terme et devenir ainsi des acteurs déterminants pour l’avenir.

Nous en sommes convaincus: le sens et l’avenir mêmes de notre organisation passent par un équilibre juste entre notre qualité de prestataire de services et notre capacité à promouvoir des changements sociaux susceptibles de donner jour à une société responsable et cohésive, reflet d’une réalité complexe et plurielle et garante de l’intégration de tous.

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La croisée des chemins, by José Ángel Muñiz

2008 restera sans doute imprimée dans l’histoire comme celle du déferlement d’une crise d’ampleur mondiale – mais dont l’analyse demeure complexe, autant dans ses innombrables aspects et conséquences, que  – osons le dire – dans ses opportunités.

2008 marquait aussi le dixième anniversaire de Dianova. L’anniversaire d’une expérience de changement, de renouvellement et de prise de risques dont les racines plongent dans une histoire de plus de trente ans. Trente ans de revendications, de luttes, mais aussi de ce courage énorme qui nous vient quand on veut aider les autres. La capacité de résilience qui fait notre force, c’est là qu’elle trouve son origine.

Ces dix années de renouveau qui sont propres à notre organisation rejoignent les préoccupations sociétales d’aujourd’hui : l’état de la planète, l’écologie, la nécessité d’inventer une autre croissance qui sache tenir compte de la finitude des ressources naturelles. Nous soutenons que la solution viendra d’un développement humain durable. Un développement sachant garantir le meilleur équilibre entre l’économie – produire, le social – partager et l’environnement – préserver. Nous y parviendrons, car s’il existe une ressource infinie, c’est bien celle de l’inventivité humaine.

C’est notre expérience qui parle. Durant dix années, cette inventivité, alliée à une combativité et à une soif d’apprendre sans égales, nous a permis de nous dépasser et de surmonter chaque obstacle l’un après l’autre. Nous y sommes parvenus par l’innovation, par le professionnalisme. Nous l’avons fait grâce à l’engagement de personnes passionnées par leur travail. Nous avons réussi grâce à l’ancrage de chaque aspect de notre travail dans une perspective citoyenne, faite d’engagements et de partenariats locaux. Et pour finir, nous avons su créer avec chacun, et à tous les niveaux, un lien émotionnel fort, proche de ce lien intense qui unit les membres et les amis du réseau Dianova dans un même sentiment d’appartenance, une même volonté de toujours faire mieux.

Les plus grands bouleversements peuvent engendrer des opportunités. De nouveaux modèles économiques, plus solidaires, émergeront peut être de la tourmente. De tels modèles existent déjà et ont fait leur preuve, les ONG en sont un exemple. Notre devoir est d’exiger qu’ils soient mis en valeur, car ce sont ces modèles-là qui bientôt poseront les premiers jalons d’une société plus proche de l’Homme.

Cet anniversaire d’une expérience de dix ans, c’était l’occasion de regarder le chemin accompli. De se dire : «Nous l’avons fait ! » C’était aussi l’occasion de regarder vers demain. Et demain, c’est à une nouvelle équipe de tenir la barre pour quatre ans. Je leur souhaite à tous, et en particulier à Luca à qui je passe le flambeau, le plus grand succès dans cette aventure humaine

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Le mot du président, by José Ángel Muñiz Rivero

Chers amis,

2007 a été une année clé pour le réseau Dianova. Une année chargée de sens.

Première victoire, le Conseil Economique et Social des Nations Unies nous a accordé le statut consultatif spécial. C’est une reconnaissance dont nous sommes légitimement fiers, mais c’est surtout l’occasion unique de renforcer le positionnement de notre réseau et de travailler avec d’autres ONG.

Echanger, apprendre… deux mots qui ont servi de fil conducteur au premier congrès international organisé par Dianova, à Lisbonne, sous le thème: « Réseau, Coopération et Innovation dans le secteur de l’Economie Sociale ». Une rencontre de réflexion, qui s’est conclue par la signature d’une Convention de Coopération qui permettra aux membres du réseau Dianova de travailler mieux, d’échanger plus facilement les pratiques qui « marchent « , pour le meilleur bénéfice de ceux qui ont besoin de nous… Coïncidence, ce même jour, nous accueillions Mme Michelle Bachelet, présidente de la république du Chili, venue visiter notre centre thérapeutique de San Bernardo !

Nous avons franchi cette année une autre étape de notre développement en reconnaissant explicitement la diversité croissante de nos services. Depuis quelques années en effet, nos membres ont, peu à peu, élargi leur offre de services à d’autres questions essentielles, d’autres détresses : l’itinérance, la délinquance des jeunes, etc.

Cette tendance est devenue une évolution durable, c’est pourquoi nous avons souhaité l’inscrire sur le marbre de nos engagements et avons modifié notre Mission lors de l’assemblée générale annuelle de Dianova, avec l’approbation de nos membres, à l’unanimité.

Ce renouveau de notre engagement se traduit par l’essor d’activités et de programmes de dimension éducative : auprès des mères toxicos avec leurs enfants à charge, à Santiago du Chili; des jeunes de la rue issus des métropoles canadiennes; auprès des enfants et des adolescents venus des quartiers défavorisés de New York; des personnes en situation d’urgence sociale à Lisbonne; des ados vulnérables à Bilbao, Madrid ou Séville; auprès des centaines d’enfants des régions rurales du Nicaragua, scolarisés gratuitement dans notre école.

Sans oublier, toujours, nos programmes spécialisés d’écoute, d’accueil, de traitement et de suivi des personnes dépendantes ou en difficulté avec l’alcool ou les drogues à Milan, Rome, Bruxelles, Stockholm, Montevideo, Genève ou Ljubljana, entre autres.

Partout où des gens ont besoin de nous, nous essayons de répondre présents : cette année près de 5000 personnes ont bénéficié de nos services.

2007, une année clé pour Dianova. Une clé qui nous ouvre les portes vers toujours plus d’innovation, de créativité, d’efficience. Sans jamais rien perdre de nos valeurs, ni de la force de nos convictions. La solidarité, la tolérance, l’internationalité et l’engagement. Avec une mention toute particulière pour un bien très précieux, les personnes. Toutes celles qui œuvrent avec nous à un développement humain durable.

Qu’ils en soient ici remerciés.

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Le mot du président, par José Ángel Muñiz Rivero

Le travail accompli en 2006 a été pleinement satisfaisant.

Cette année a vu l’aboutissement d’un processus de diffusion et d’appropriation de nos Valeurs à l’échelle de tout le réseau, à la suite d’une intense session de formation suivie par les délégués de chaque organisation membre. Les délégués ont ensuite répercuté cette formation en cascade, dans leur propre organisation, jusqu’à rejoindre l’ensemble de nos collaborateurs.

Nos ressources humaines figurent parmi nos actifs les plus précieux. Nous avons donc mis toute notre énergie à promouvoir une gestion fluide et attentive des activités de formation – technique et théorique. Nous avons organisé des groupes de réflexion dont le but est de stimuler la motivation et l’engagement, afin de renforcer notre identité institutionnelle et d’en faire le point de convergence de la Mission, de la Vision et des Valeurs de Dianova.

Au-delà de la continuité de nos programmes d’aide et de soins, nous avons aussi conçu et mis en œuvre de nouveaux projets susceptibles de répondre aux besoins nouveaux qui se présentent. Certains ont été développés par les organisations membres elles-mêmes, d’autres, en revanche, ont été concrétisés grâce aux transferts de techniques, de personnel et de savoirfaire entre les différentes organisations membres.

Nous avons apporté un service à 4078 personnes, contribué à l’éducation de 310 enfants, accueilli 34 mères qui ont pu mener à bien leur traitement sans être séparées de leurs enfants. Enfin, nous avons transmis à 243 jeunes l’expérience nouvelle de vivre dans un environnement supportant.

Conscients de l’importance d’une présence accrue auprès d’organismes internationaux de renom, nous avons présenté notre candidature au Conseil Économique et Social des Nations Unies (ECOSOC), dans le but de participer activement à ses objectifs d’éducation, de lutte contre la drogue et de développement social.

Le sentiment de satisfaction que j’évoquais au début de cette lettre se fonde sur notre capacité à atteindre nos objectifs. C’est aujourd’hui chose faite, et ce que nous avons accompli cette année nous donne envie de faire face aux défis qu’il nous reste à relever. Notamment celui de se constituer en réseau, de façon légale et formelle – notre prochaine étape.

Objectif ambitieux, certainement. Mais nous sommes bien décidés à y parvenir l’année prochaine afin d’élargir et d’améliorer notre offre de services, puis de consolider notre positionnement dans le domaine du développement et de l’intégration sociale.

Pour conclure, c’est avec un optimisme et une énergie renouvelés que je vous dis: « À l’année prochaine ».